Christian Cyr, gestionnaire-vedette de la Banque Nationale
Christian Cyr a commencé sa carrière comme analyste chez Tassé et Associés. Il a ensuite fait un bref passage chez Desjardins, toujours en tant qu'analyste. Il est à l'emploi de Gestion de portefeuille Natcan depuis 2000. Analyste à ses débuts dans l'organisation, il y occupe présentement le poste de premier vice-président, actions à petite capitalisation. Il cumule à ce jour plus de 12 ans d'expérience dans le domaine du placement.
Titulaire d'un baccalauréat en finance de l'Université Laval, M. Cyr détient le titre de CFA depuis 2004. Il gère le Banque Nationale petite capitalisation depuis le premier trimestre de 2005. Le cogestionnaire de ce fonds est Marc Lecavalier. M. Cyr est également à la tête du Altamira mondial petites sociétés et du fonds d'investissement REA II depuis le premier trimestre de 2008. En tout et partout, il participe à la gestion dynamique d'un actif d'environ un milliard de dollars.
Et à quoi ressemble la journée de travail typique de M. Cyr, gestionnaire de portefeuille? Dès son réveil, vers 5 h 30 ou 6 h, il consulte certains sites Internet consacrés au marché boursier international. Il se présente au bureau entre 06 h 45 et 7 h et analyse les nouvelles économiques des dernières 24 heures. Chaque matin, il participe à une réunion interne avec les analystes et les autres gestionnaires de Gestion de portefeuille Natcan. Cela lui donne l'occasion de discuter des perspectives du marché et des titres en portefeuille.
M. Cyr affirme que son travail n'a rien de monotone. Par exemple, il n'est pas rare qu'il visite une ou plusieurs entreprises au courant d'une journée. En fait, au cours une année, il visite environ 800 entreprises. Il quitte habituellement le bureau entre 17h et 18h, mais cela ne signifie pas nécessairement que sa journée de travail est terminée.
M. Cyr affirme privilégier la stratégie du (la méthode de gestion appelée) stock picking. La capitalisation boursière qu'il cible pour ses fonds se situe entre 100 millions et 1,5 milliard de dollars. Dans le cadre de son processus d'analyse des entreprises, il accorde une importance particulière à leur gestion. Et quand il examine des états financiers, il prête une attention particulière à la croissance de l'organisation étudiée et à sa marge opérationnelle.
Chaque trimestre, il fait beaucoup de suivi concernant les stratégies mises en place par les entreprises formant son portefeuille. Pour se forger une juste opinion d'une entreprise, il fait toujours appel à plusieurs sources d'informations.
Il affirme que le plus grand risque que court un investisseur ou un gestionnaire est de « tomber amoureux » d'une entreprise ou d'un titre. Il fait très donc attention de ne pas établir ce genre de relation avec les titres qu'il analyse!
Selon lui, la plus grande qualité de l'investisseur ou du gestionnaire est de reconnaître ses erreurs, et ce, le plus rapidement possible. Et le plus grand défaut ? L'impatience. À ce sujet, quand M. Cyr achète un titre et que celui-ci tarde à se valoriser, le gestionnaire patientera pendant trois à cinq ans avant de s'en départir. Mais dès qu'il arrive à une décision sur ce sujet, il la met à exécution. Son « entreprise idéale » est celle dont le conseil d'administration s'est doté de compétences complémentaires et d'un plan stratégique qu'il sera en mesure de réaliser. Même si, en intégrant des titres de société aux fonds qu'il gère, il devient un actionnaire important de diverses entreprises, il n'intervient jamais dans leur gestion.
À son avis, dans l'industrie de la gestion de placements, la firme de Calgary Mawer Investment Management se distingue par des pratiques exemplaires. Par ailleurs, en ce qui concerne la relance du REA, il trouve que c'est une bonne idée, et il ne croit pas cela mènera à des abus, comme cela avait été le cas par le passé.
M. Cyr n'a pas l'habitude de consulter le classement par quartiles de ses fonds, mais il est bien conscient que les investisseurs, eux, le font. À ce chapitre, il n'a d'ailleurs aucune raison de s'inquiéter. En date du 28 février 2010, il a réalisé un rendement de 5 % sur 4 ans à la tête du Banque Nationale petite capitalisation, résultat qui classe le fonds dans le premier quartile. Cette performance est exceptionnelle compte tenu de l'évolution boursière qui a caractérisé cette période. À titre de comparaison, l'indice de référence BMO petite capitalisation mixte (non pondéré) affiche un rendement de 1,5 % pour la même période. Sur 1 an, ce fonds que pilote M. Cyr a progressé de 81 %.
Et qu'en est-il du fonds Altamira mondial petites sociétés? En date du 28 février 2010, M. Cyr a généré un rendement de 51,6 % sur 1 an, comparativement à 37,8 % pour la médiane des fonds de même catégorie. Notons que le fonds Altamira vise à investir dans des titres de participation de sociétés ayant une capitalisation inférieure à deux milliards de dollars et qu'il cible principalement les marchés plus développés.
Selon M. Cyr, les opportunités d'investissement constituent une ressource certes épuisable, mais tout de même abondante. Il est rare qu'il ne puisse dénicher une bonne affaire. Il ne privilégie aucun secteur, et ne se laisse jamais influencer pas les modes de l'industrie ou du marché au moment de se tourner vers un secteur ou un titre particuliers.
Malgré son jeune âge, Christian Cyr possède les qualités qu'on associe habituellement aux gestionnaires d'expérience, et son jugement ne pourra que s'affiner au fils du temps.
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